[SOUVENIRS] P’tit coup de blues sur les salles d’arcade

Il y a quelques semaines, en allant au cinéma pour voir Doctor Strange (très sympa d’ailleurs) un ami et moi nous sommes retrouvés à devoir attendre un peu avant de rejoindre la salle. Baladant nos yeux ci et là, que voit-on trainer dans un coin … une petite salle d’arcade déserte. Quand je dis salle d’arcade, j’exagère un brin puisqu’y trônaient un flipper (pas le dauphin, et oui ça existe encore), une double borne Mario Kart et un bon vieux House of the Dead III. Hop, hop hop quatre euros plus tard dans la machine, Yoshi et Luigi s’embarquaient dans une course effrénée (lamentablement perdue par votre serviteur).

Opération Wolf ... un mythe !
Opération Wolf … un mythe !

Au sortir de cette mini-parenthèse, difficile de dire si cela fait vieux ou simplement nostalgique, mais parfois la salle d’arcade me manque un peu. C’était une époque où on se donnait un rendez-vous précis le samedi après-midi avec les copains et où tout le monde était à l’heure (eh oui pas de portables pour prévenir d’un éventuel retard). Chacun apportait sa contribution, ici 30 FRF, là 40 et toujours un avec seulement 10 (souvent moi d’ailleurs), mais on pensait collectif. C’était aussi souvent la parité garçons/filles … sauf que les garçons jouaient en espérant impressionner, les filles discutaient devant un coca en surveillant les scores ;-).

Arrivés dans la salle, c’était l’effervescence : bruits, lumières criardes, tilts, musiques 8 bits, sans compter les clacs et autres jurons de celui qui vient de mourir une énième fois sur Shinobi. Premier tour de salle pour regarder à quoi on allait jouer ou les éventuelles nouveautés : « Whahouuu, Operation Wolf ça à l’air bien et c’est bôoooo ». Second tour de salle en discutant pour confronter les points de vue sur les jeux à tenter et état du budget global pour compter le nombre de parties potentielles (sans oublier d’offrir le coca aux filles). La répartition des sous-groupes sur les machines étant faite c’était parti pour tout un après-midi à taquiner boutons et joystick.

Dans les groupes il y avait toujours celui qui venait très régulièrement (seul ou non) et qui était en quête du dépassement de soi … plutôt de son meilleur score sur After Burner, en espérant exhiber au monde entier ses trois lettres majuscules en haut du tableau. A noter qu’il était aussi souvent celui qui tentait de briller devant les filles (peu dupes) au mieux en montrant comme il appuyait vite sur les boutons pour gagner au pire en les faisant essayer en mode « maître d’école ». Il y avait aussi le perpétuel compétiteur, « tu vas voir je vais te massacrer avec Ryu » … frustré de perdre contre un joueur assez mauvais, qui avait bien compris qu’il fallait se mettre en mode électrique avec Blanka dès que son adversaire sautait, im-pa-ra-ble (ça c’était moi). Enfin, le joueur « sans plus » qui était là pour s’amuser, ragoter, discuter et qui pour le coup ne s’attendait pas à mettre autre chose que AAA en fin de partie … mais qui prenait son temps pour bien noter ses initiales si jamais (par chance ou talent) il figurait dans les 100 premiers de la liste.

Out Run, un jeu resté dans les mémoires
Out Run, un jeu resté dans les mémoires

Enfin, la salle d’arcade c’était aussi une ambiance et un microcosme. Vous y croisiez tous types de profils. Les donneurs de leçons en mode « non mais si tu veux faire tomber le boss faut faire ci et ça », c’était d’ailleurs souvent celui qui scrutait par-dessus votre épaule, tentait de prendre les commandes et qui n’avait plus de sous … On y trouvait aussi le caïd du coin et sa bande qui n’étaient pas nécessairement là pour jouer, du moins pas aux machines. Le dragueur invétéré, idem pas vraiment là pour jouer, sauf si il maîtrisait parfaitement les Fatality de Mortal Kombat histoire montrer comme il était « fooort ». Sans oublier les quelques petites amies déprimées dont les copains étaient plus occupés à dézinguer des ennemis que de s’occuper d’elles (au passage cibles idéales du dragueur susmentionné). Derniers de la liste, les rares adultes de passage venus récupérer leur fils ou fille qui s’était engagé (juré, promis) à rentrer deux heures plus tôt.

Si aujourd’hui les salles d’arcade étaient encore en vogue, ce serait nous Older Players qui viendrions chercher nos adolescents. A la différence près, que contrairement à beaucoup de parents des années 80/90, nous glisserions probablement une petite pièce dans une des bornes avant de partir. Alors oui, c’est vrai que ça fait vieux c**, mais à l’heure du jeu en réseau (que j’adore au demeurant) par connexion interposée, cette petite virée rapide en salle d’arcade m’a presque renvoyé 25/30 ans en arrière au bon temps de la convivialité en salle et de l’écran splitté.

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