[SOUVENIRS] En 2000, j’ai joué à « Soldier of Fortune » (PC, PS2, DC)

Avant même sa sortie sur PC en mars 2000, le Quake-Like (FPS) Soldier of Fortune (Activition/Raven Software) faisait déjà beaucoup parler de lui. En premier lieu, il s’appuyait sur un moteur dérivé du célèbre Quake II d’Id Software (une des références du moment) et les quelques captures d’écran qui avaient été publiées dans les magazines de l’époque ont fait baver beaucoup de joueurs. Mais, ce qui fit surtout le plus parler de SoF, était sa quête du « réalisme » …

… dans les combats d’abord : en effet, il fut le premier jeu à réellement « localiser les dégâts » (26 points d’impact au total sur les ennemis), fonctionnalité largement vérifiée par joueurs innocents que nous étions en démembrant joyeusement les méchants à grand coup de fusil à pompe, le tout au son de cris et giclures bien « gore ». Une technologie révolutionnaire à cette époque développée spécialement par Raven Software, qui portait le doux nom de GHOUL.

… dans son design et son histoire : SoF vous mettait dans la peau d’un « consultant » privé, donc un mercenaire (mais 100% made in USA), nommé John Mullins qui officie pour le compte du « Magasin ». Vous étiez appelé sur différents théâtres d’opérations à travers le monde afin de faire un peu de ménage « discret » : New York, Ouganda, Kosovo et, coïncidence, en Irak pour récupérer une « arme de destruction massive » (une tête nucléaire) et où vous rencontriez Saddam Hussein en personne (si, si). Indépendamment des messages politiques « prémonitoires » ou pas (pour rappel nous sommes en 2000), ce qui mit Soldier of Fortune dans la ligne de mire des associations anti- jeu vidéo de l’époque, était bien sûr sa violence, mais aussi son côté pro-militariste. Et pour cause, John Mullins existe vraiment, ancien soldat américain (moustache à la Chuck Norris inclue) il joua un rôle très important de consultant durant le développement du jeu, notamment sur la modélisation et les sensations produites (recul, volume sonore, etc.) par les armes. A titre d’illustration, les Older Players qui ont joué à Soldier of Fortune se souviennent sûrement encore du bruit et des effets dévastateurs du Desert Eagle (renommé « Griffe d’argent » dans le jeu) … Enfin, pour compléter le trio gagnant des opposants au jeu vidéo, Soldier of Fortune était parrainé par le magazine éponyme. Face à une levée de bouclier qui aurait pu conduire au retrait du titre, Raven Software ajouta une option qui permettait de désactiver le mode « Gore » mais le jeu resta à juste titre classé pour 18 ans et plus.

Le jeu lui-même, était un très bon titre aux combats intenses, violents et dynamiques. L’histoire, somme toute assez classique avait surtout l’avantage de permettre au joueur de se promener un peu partout sur la planète tout en profitant d’environnements variés et très beaux pour l’époque. Malgré quelques handicaps (ou pub gratuite ?) liés à une possible censure, le jeu connut un vrai succès. Il fut suivi de deux autres opus : Soldier of Fortune : Double Helix (2002) et Payback en 2007. A noter que Double Helix fut basé sur le moteur de Quake III Arena (id Software – 1999) et que John Mullins se retira du projet, jugeant l’utilisation des armes (une dans chaque main par exemple) non réaliste. Véritable titre à connotation historique, Soldier of Fortune est un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains certes, mais à essayer … même 16 ans plus tard.

Et vous, y aviez-vous joué ?

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