[HUMEUR] Versions « remastered », y a-t-il une panne d’inspiration dans le jeu vidéo ?

A l’instar du cinéma de ces vingt dernières années où « remakes » sont devenus monnaie courante, est-on en train d’assister au même phénomène dans le monde vidéo-ludique ? Indéniablement l’actualité nous le prouve tous les jours. En effet, difficile de compter aujourd’hui les versions « remastered » sorties sur le marché. Si d’un côté la question de savoir si les éditeurs manquent de cerveaux est évoquée, la réponse serait clairement non. Tous les jours paraissent de titres novateurs techniquement ou scénaristiquement issus de créateurs de génie. Il faut probablement chercher la réponse ailleurs.

Des « line-up » trop courts ?

La tendance des versions remastered existe depuis quelques années déjà (Resident Evil Rebirth date de 2002 sur GameCube), mais s’est particulièrement développée avec l’arrivée de la génération des PS4 et Xbox One. Pourquoi ? En premier lieu, au lancement de ces deux consoles les « line-up » (planning de sorties) étaient courts. En effet, peu de jeux phares sont arrivés sur le marché dans les mois qui suivirent leur sortie ce qui explique notamment le décollage lent des ventes.

Un écart technologique faible au départ ?

Comme toujours lors de l’arrivée de nouvelles consoles, les premiers jeux, malgré quelques-uns très impressionnants, ne provoquent pas un réel fossé avec la génération précédente. En effet, les possibilités techniques des PS4 ou Xbox One ne sont pas encore poussées dans leurs retranchements, ce qui n’est pas le cas des PS3 ou Xbox 360, qui avec 7 et 8 ans de présence sur le marché sont parfaitement maîtrisées par les équipes de développement. Ajoutons également, que lors de l’arrivée des Xbox 360 et PS3, celles-ci apportaient avec elles les jeux en Haute Définition (HD), ce qui de fait était en soi une révolution, or la génération actuelle ne bénéficie pas de cette avancée majeure.

Une explication économique ?

L’explication est sans doute également économique. Il n’échappe à personne que le développement d’un jeu vidéo est aujourd’hui extrêmement (et de plus en plus) coûteux, aussi l’arrivée d’une nouvelle plate-forme sur le marché est l’occasion de « rentabiliser » davantage un titre sorti quelques années plus tôt. En effet, à regarder les titres « remastered » parus ces derniers temps, nous constatons que nombre d’entre eux sont des jeux sortis (pour la première fois) il y a peu. Le fait de les améliorer graphiquement ou techniquement étant un peu moins complexe que de retravailler sur des titres parus 10 ans plus tôt.

La « démographie » en cause ?

La question légitime qui peut se poser au regard de cette tendance est de savoir pourquoi sortir des jeux qui ont déjà été joués par nombre de personnes sur le marché. Eh bien justement, les différentes statistiques parues après la sortie des PS4 et Xbox One montraient sans équivoque que les acheteurs de ces dernières n’étaient pas les possesseurs de la génération précédente. Aussi, même si au fil du temps la tendance est au remplacement, une large part des acquéreurs des consoles nouvelle génération n’ont donc pas profité de titres comme The Last of us, Darksiders II, Gears of War, la saga Uncharted ou la compilation Batman – Return to Arkham tout juste annoncée. Leur arrivée sur ces nouvelles plate-formes étant donc l’occasion pour eux de les découvrir. Enfin à titre anecdotique, saluons l’initiative de certains éditeurs qui ont fait le choix de sortir une version « remastered » proposant des différences importantes avec la première édition du jeu, citons à ce titre GTA V qui proposa un mode de vue FPS (First Person Shooter) dans son portage PS4/Xbox One.

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