[HUMEUR] Le paradoxe graphique

Le mythique Combat de la VCS 2600 paru en 1977

Le monde des joueurs est-il scindé en deux ? D’un côté les joueurs de 15, 20 ou 25 ans et de l’autre les OlderPlayers. Je m’interroge souvent sur ce sujet pour une raison simple, d’une part les choix des jeux diffèrent (sauf sur certains titres fédérateurs bien sûr) mais aussi et surtout sur les motivations de ces choix. Je m’explique, nous OlderPlayers de 35, 40 ans ou plus avons commencé à jouer à une époque où en gros nous prenions ce qui existait. J’entends par-là, que pour ceux qui comme moi ont découvert le jeu vidéo avec la VCS 2600 (Atari) et les célèbres Pong, Space Invaders ou Combat. Nous avions peu de choix sur les machines et assez peu sur les titres, du moins sur leur qualité visuelle … puisque un gros pixel, restait un gros pixel. Au fil des décennies, les marques se sont multipliées, les générations se sont succédées, et pour une bonne partie d’entre nous … nous avons suivi cette évolution avec souvent une ligne directrice principale : la puissance graphique. Soit, la capacité de ces machines à la fois d’offrir des jeux de qualité bien entendu, mais avant tout des graphismes de plus en plus évolués et fins.

Souvenons-nous de cette époque, où nous scrutions (et les magazines aussi d’ailleurs) la qualité graphique des jeux à venir, l’essentiel du temps nous ne regardions quasiment que cela en nous extasiant « whaou que c’est bôooo ». C’était souvent le critère principal de choix (avec le prix), mais il est aussi vrai que la variété des genres, d’expérience scénaristiques ou de « gameplay » comme on dit n’était pas énorme non plus. En effet, pendant longtemps les jeux se limitaient à Baston, Shoot ‘em up, Beat ‘em all, Aventures, Plates-formes et éventuellement Courses (on ne parlait pas encore de « simulation ») avec parfois des nuances franchement légères d’un type de jeu à l’autre. C’était aussi l’époque où le choix des machines de jeux était clairement dicté par les titres disponibles ; Sonic pour Sega, Crash Bandicoot pour Sony, Mario pour Nintendo, etc. cela n’a pas complètement changé, mais la notion « exclusif » s’est quand même atténuée, surtout pour le hérisson bleu 😉

Nidhogg sorti en 2014

Pourquoi je parle de tout cela aujourd’hui ? Eh bien, parce qu’en tant qu’ancien joueur, j’ai gardé en partie cette approche très visuelle des jeux, ce n’est pas la seule qui m’oriente vers tel ou tel titre mais elle reste la majeure. Aussi, au regard de ce point de vue personnel, j’ai parfois du mal à saisir au détour d’une conversation ou simplement des statistiques de ventes, l’engouement des plus jeunes pour les « pixels qui tâchent ». A titre d’exemple, en 2014 les jeux indépendants Nidhogg et Shovel Knight connurent un vrai succès, largement mérité au regard du gameplay mais difficilement compréhensible lorsque l’on a passé son enfance sur Frogger (premier du nom) et qu’on jouait au même moment à Knack. Dans la même logique, outre la passion « revival » des gens de notre génération pour les LEGO que je peux comprendre, le phénomène Minecraft me laisse dubitatif. D’ailleurs, j’avoue qu’à mon humble niveau je ne vois autour de moi que les enfants d’amis et non les parents jouer (presque exclusivement) au titre de Notch. Je ne nie pas un instant que la fibre « retro » nostalgique existe au sein de joueurs de mon âge, mais pour ceux que je croise le réflexe naturel est souvent d’aller vers l’émulation ou ressortir les vieilles machines du grenier, pas nécessairement de jouer aux titres récents de cette tendance et pourtant ce n’est pas faute d’en essayer beaucoup. Dernier point qui me surprend assez, c’est que la frange « retro-like » de la scène indépendante est littéralement plébiscitée non pas par les OlderPlayers nostalgiques, mais bien souvent pas des joueurs de 20 ans, donc nés aux mieux à l’époque de la PS1, N64 ou de la Dreamcast.

Shovel Knight sorti également en 2014

Quoi qu’il en soit, sans entrer dans un débat générationnel stérile et pas totalement juste, cet humble constat ne cesse de me surprendre et de m’interroger.  Bien sûr, je ne dis pas qu’à l’heure des PS4, Xbox One, PC sur-vitaminés ou Nintendo Switch il ne faut joueur qu’aux Horizon Zero Dawn et consorts, mais voir nos cadets passer du titre de Guerrilla à (l’excellent) David. en un claquement de doigts est quand même surprenant … ou alors « je suis (devenu) trop vieux pour ces c… » 😉

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