[HISTOIRE] Les premières heures marketing du jeu vidéo

Il y a quelques jours, nos followers et fans des réseaux sociaux m’ont vu recueillir un malheureux Philips Videopac C52 abandonné sur le trottoir. En regardant et nettoyant cet orphelin, c’est avec beaucoup d’amusement que j’ai lu les accroches « marketing » présentes sur la boite : « Distrayant, éducatif et initiation à l’informatique ». Mes yeux se sont surtout arrêtés sur le terme « distrayant » qui semble bien désuet en 2017. Néanmoins, en repensant à cette époque folle du début des années 80 qui vit arriver en masse toutes sortes de « boitiers de console » (expression véridique trouvée sur une publicité pour la NeoGeo), il est vrai que la dimension détente et amusante du jeu vidéo était encore à démontrer … fait largement acquis de nos jours. D’ailleurs, je cite la C52 adoptée, mais elle n’est pas la seule puisqu’en me penchant sur la publicité (papier) de la Fairchild Channel F de 1976 j’ai vu le terme « Fun » placé en regard du nom.


En outre, dans les années 70/80 le jeu vidéo était en période « d’évangélisation » et cherchait surtout à s’affranchir de son image enfantine voire « débilisante » que ses détracteurs brandissaient allègrement. Aussi, les différents constructeurs et il y en avait énormément (y compris Seb de « Seb c’est bien ») tentaient d’associer les dimensions amusement, famille, convivialité et éducative. Ce dernier point étant clairement destiné à se doter d’un axe sérieux, ceci d’autant plus lorsqu’il s’agissait de le lier à la nébuleuse « informatique » de cette période, qui je le rappelle était balbutiante (l’IBM PC date de 1981) et encore très éloignée du grand public en dehors du cinéma fantastique, SF ou anxiogène (WarGames – 1983). A ce titre, je vous recommande vivement de regarder le publi-mag créé pour la Vectrex nommé « Bonsoir les parents » en 1983. De manière honnête aussi je ne suis pas franchement convaincu que l’acte d’achat d’une Atari 2600 était dicté par l’apprentissage, c’est un tout petit peu plus tard avec l’avènement des Amstrad, le magazine Hebdogiciel et ses lignes de code interminables que l’initiation à l’informatique s’est vraiment faite ou du moins son utilisation.

A peine dix/quinze ans plus tard, pro et anti étant fixés dans leurs positions, s’en était fini de l’éducatif dans les discours pour être remplacé par un marketing brut et explosif à grand coups de slogans dont le plus célèbre reste quand même « Sega c’est plus fort que toi » … c’était il y a presque 30 ans 😉

Laisser un commentaire