[HISTOIRE] Jeu vidéo et VR : la 3D

A l’heure où la VR tente d’investir nos salons et où Gabe Newell (Valve et Steam) se montre plus que circonspect sur son avenir, il est intéressant de rappeler qu’à l’image de nombreuses autres technologie à venir (voir notre dossier) elle est le fruit d’une longue filiation d’objets, appareils ou accessoires aussi avant-gardistes que surprenants.

Véritable révolution dans la manière de vivre le jeu vidéo, la réalité virtuelle n’en est qu’à ses balbutiements. Certes les titres commencent à arriver en nombre (spécifiques ou compatibles), mais le marché des casques n’est ni rationalisé, ni démocratisé. A l’exception du Sony Playstation VR (400€ quand même) fonctionnant avec les PS4/PS4 Pro ou éventuellement des Samsung Gear VR et autres périphériques pour mobiles, les HTC Vive et Oculus restent des accessoires réservés aux possesseurs de PC de guerre. Mais la VR n’est pas née il y a quelques années dans un bureau sombre du projet Oculus, loin de là.

Le Vectrex 3D Imager … l’ancêtre !

En 1982, à peine un an avant le célèbre krach du jeu vidéo qui changea à tout jamais la face de l’industrie vidéo ludique, Smith Engineering distribué par Milton Bradley Company (oui le MB de Puissance 4) sortit la Vectrex. Machine mythique pour les joueurs des années 80 par le fait qu’elle affichait en vectoriel et disposait d’un écran intégré, faisant de cette console la première (trans)portable. Moins connu, elle fut aussi la toute première console à proposer un système de casque : le 3D Imager. Paru uniquement aux Etats-Unis en 1983, le casque procurait pour l’époque une immersion incroyable, mais le krach susmentionné mit fin à la Vectrex et stoppa pour un temps les avancées sur la 3D. A titre anecdotique, inutile de préciser que nombre de collectionneurs (dont votre humble serviteur) sont à la recherche de ce périphérique rare et que ses prix sont proche du rein mais si vous en avez un contactez-moi quand même 😉

Le Nintendo Virtual Boy.

12 ans plus tard, c’est Nintendo qui se lança à son tour dans cette technologie. Véritable plaie pour yeux avec son affichage rouge, le Virtual Boy et son look disgracieux (pied, manette large) arriva sur le marché en 1995, soit un an avant la N64. Elle est considérée comme le premier revers de Big N puisqu’elle ne s’écoula qu’à 800.000 exemplaires environ. Rapidement abandonnée et non commercialisée en Europe, la console ne compte que 22 jeux compatibles et est aujourd’hui recherchée mais peut se trouver pour peu d’avoir le budget.

Les 3D Revelator d’Elsa, la claque de la fin des années 90

Dans la même décennie, avec la démocratisation du PC au sens strict (Personal Computer), les constructeurs de périphériques se sont aussi intéressés à l’immersion 3D sous l’appellation 3D Stereo. Parmi les plus emblématiques, les lunettes 3D Revelator d’Elsa (les fameuses cartes Gladiac) commercialisées à la fin des années 90 en version filaire ou infrarouge. Bluffantes pour cette époque, je me souviens encore d’avoir joué à Half Life : Opposing Force (Valve / 1999) avec elles sur le nez. Mais pour ceux qui comme moi avaient cassé la tirelire, la déception arriva vite car Elsa fit face à des problèmes financiers et le support (drivers notamment) des 3D Revelator fut très impacté, rendant difficile leur utilisation pérenne. Toutefois, la technologie 3D Stereo n’est pas morte, puisque Nvidia commercialisa aussi ses lunettes (3D Vision) et maintient toujours des drivers compatibles aujourd’hui. Bien sûr, l’ensemble de ces technologies se cantonnaient à immerger « visuellement » et ne proposaient pas encore la dimension « mouvement », quoique nous parlerons bientôt d’autres prémices dans ce domaine (souvenez-vous du PowerGlove) mais elles ont été les premières pierres d’un édifice toujours en construction …

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