[HISTOIRE] Farewell to the PS3

Il y a un petit mois et demi, Nintendo en prévision de sa Switch annonçait la fin de la fabrication de la Wii U, aujourd’hui c’est Sony qui enterre sa PS3. Une console qui aura vécu une décennie, une durée de vie dans la moyenne haute des grandes de cet univers : Atari/VCS 2600 (15 ans), Super  Nintendo (12 ans), Xbox 360 (11 ans) ou encore sa sœur aînée, la PS2 et ses 13 années d’existence.

La PS3 fait partie de ces consoles à la fois les plus enviées et les plus haïes à leurs sorties. Enviée, car elle intégrait en série un lecteur Blu-ray (de bonne facture qui plus est), un disque dur assez conséquent pour l’époque (20, 40, 60, 80, 160 Go pour les premiers modèles) et des manettes ne nécessitant pas de piles (hein Microsoft ?). Mais elle fut aussi largement détestée … pour une raison principale : son prix de lancement. En effet, la sortie de la Xbox 360 près d’un an avant (299€ et 399€) avait déjà fait basculer le monde des consoles dans une nouvelle frange financière, mais la PS3 et ses 499€ ou 599€ explosait tous les records. De fait, ce positionnement allait considérablement ralentir, pour ne pas dire bloquer, ses ventes au démarrage. Il est d’ailleurs amusant de constater que Microsoft fit exactement la même erreur que Sony au moment de la sortie de sa Xbox One en 2013, en gonflant son prix avec un pack Kinect dont personne ne voulait en réalité.

La console fut aussi un peu boudée pendant un moment pour quelques autres raisons : l’absence de titres phares dévoilant les vraies capacités de la console au début, peu d’exclusivités au lancement, des performances en retrait par rapport la Xbox 360 sur les mêmes licences (problème dû aux difficultés de codage sur la console de Sony) et surtout une console totalement hermétique au hack jusqu’en 2010 (l’affaire GeoHot), point qui a contribué non officiellement aux ventes de la Xbox 360.

La PS3, lieu de naissance de Nathan Drake

In fine, après un lancement très compliqué et moqué par son concurrent majeur, Sony a redressé la barre en changeant ses prix recommandés et finit par sortir deux titres qui allaient vraiment montrer la puissance de sa bête : Uncharted 2 : Among Thieves (2009) et God of War III (2010). Dans le cas d’Uncharted, le premier qui suivait de peu la sortie de la console (2007) avait bien sûr eu un certain écho, mais le second ouvrait clairement une nouvelle ère.

Quant à GoW3, son gameplay impeccable et sa réalisation graphique en fit aussi un fer de lance. Ces différents éléments accompagnés par la sortie de la version Slim allaient donner un vrai coup de fouet à sa progression sur le marché. Inversement la version Ultra-Slim de base préparant la fin de vie de la console ne fut pas vraiment un avantage de communication, car sa capacité de stockage était si faible (12 Go) que certains titres ne pouvaient tout simplement pas tourner.

Après 10 ans de guerre acharnée entre la PS3 et la Xbox 360, la console de Sony est finalement sortie gagnante de peu au niveau mondial (86.3 millions vs 85.4) mais avec des disparités énormes selon les régions, les USA étant par exemple très largement dominés par Microsoft (45 millions vs 26). Nous retiendrons de la PS3 que c’est elle qui démocratisa définitivement le Blu-ray comme format « standard » en achevant le DVD et tuant dans l’œuf le HD-DVD. En outre, elle fut le berceau de licences majeures : Uncharted cité précédemment,  The Last of Us, LittleBigPlanet, Infamous, Resistance, Motorstorm sans oublier des titres comme Gran Turismo, Killzone 2 et 3 ou encore Heavy Rain.

Petit point anecdotique, indépendamment des modèles dits « collector » de PS3, notez que la version FAT 60Go (PAL) est assez recherchée puisqu’elle fut la seule rétro-compatible PS2 distribuée sur le continent européen, alors que les 20, 60 et 80 Go NTSC le sont toutes.

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