[DOSSIER] Comment j’ai initié mes (petits) enfants au jeu vidéo …

Nous qui avons grandi au mieux avec des consoles de salon, au pire avec des bornes d’arcade, nous n’avions pas le choix : pour se déplacer sur l’écran, il fallait bouger quelque chose de physique. Aujourd’hui, sans parler du Kinect ou autres technologies sans accessoires, les mouvements de doigts, par définition plus précis et instinctifs suffisent. A l’instar de Marty Mac Fly face aux gamins de Retour vers le Futur II, il est parfois déconcertant de voir avec quelle facilité nos enfants ont appréhendés les tablettes, mobiles et consorts. Par contre, quand l’envie soudaine de les initier à quelques consoles traditionnelles survient (PS4, Mega-Drive, Game Boy ou VCS 2600 pour les dingues), une légère crispation peut survenir. En effet, qui ne s’est pas énervé en voyant votre petit(e) faire tourner sur lui-même son personnage pendant de longues minutes ? A bout de souffle, les veines apparentes vous vous décidez à lâcher (brutalement) un « mais bon sang, il suffit de bouger le stick gauche vers l’avant !! » … eh oui, mais c’est pourtant tout un apprentissage.

A partir de quel âge et quels jeux ?

Au risque de se faire jeter des pierres, nous pouvons dire tôt, voire parfois très tôt. Dans un souci de mimétisme, dès lors que vous jouez régulièrement il y a fort à parier que vos bambins dès qu’ils en auront l’occasion voudront faire comme vous et s’en sera fini.  D’autre part, malgré des réticences subsistantes, différentes études menées ces dernières années ont démontré que le jeu vidéo peut être très utile au développement de nos enfants (mental, physique et social), pour peu que cela soit bien encadré.

Il n’est pas rare de voir autour de nous des enfants (les vôtres jamais bien sûr) jouer dès 2 ans, parfois même un peu avant. Certes, 2 ans peut paraître tôt, mais ces technologies font et feront partie de leur quotidien, alors pourquoi ne pas les initier tout de suite ? A cet âge, le jeu est surtout une transposition du jouet, il s’articule donc beaucoup autour de couleurs, sons et formes. Sur tablette ou mobile qui sont généralement leurs premiers supports, il existe d’ailleurs pléthore de titres spécifiquement pensés pour eux (puzzles simples, jeux de couleurs, etc.). Attention quand même aux titres dits « éducatifs », compte tenu du nombre il y a de tout : vrais/faux free to play avec pub non-stop, titres mal réalisés, buggés, moches ou bourrés de fautes de français (audio et/ou texte). Toutefois, vous constaterez vite que l’habilité avec laquelle ils manient ces titres est littéralement bluffante.

Aux alentours des 4 ans, la tablette ayant rempli son office (mais restant une valeur sûre) nos enfants savent que « rouge », eh bien c’est « rouge » et que les puzzles peuvent s’achever en quelques dizaines de secondes, il va être temps de passer à autre chose. C’est peut-être le moment de leur mettre une manette en main et là attention … vous allez vivre de grands moments. D’abord, vous pouvez commencer par la transposition des jeux 2D/2.5D auxquels ils ont joué sur tablette pour leur expliquer que bouger le stick fait se déplacer un personnage ou un vaisseau. A ce titre, les shoot’em up ou jeux de plates-formes sont de bons moyens pour se familiariser avec touches et flèches. Chez Older Player, nous avons commencé avec New Super Mario Bros. U (Wii U) Rayman Legends (Xbox One) pour la plate-forme et Sky Force Anniversary (Nvidia Shield Android TV) pour le shooter. Passé les premiers fous rires de voir le personnage ou le vaisseau coincé dans chaque coins de l’écran, vous constaterez rapidement à quelle vitesse nos petits sont capables de prendre en main totalement le jeu, sans même d’ailleurs que vous ayez expliqué toutes les « règles ».

L’époque étant aux jeux/jouets dont Skylanders (Toys for Bob/Vicarious Games et Activision), Disney Infinity (R.I.P), Nintendo (Amiibo) ou encore Lego Dimensions sont les ténors, il est difficile de passer outre. D’abord, indépendamment d’un modèle économique bien huilé et (très) couteux pour les parents, ces jeux sont généralement bons, très agréables à jouer et permettent une transition facile du physique vers le virtuel. La vraie nouveauté apportée lorsque vous mettrez vos enfants face à ce genre de titres est la découverte de la 3D au sens « spatiale ». Ce qui est naturel pour les adultes ne l’est pas pour les petits. Ainsi, le fait de se déplacer dans un univers en trois dimensions via un contrôleur peut vite s’avérer difficile pour les enfants et énervant pour les parents spectateurs. Mais cet apprentissage utile ne l’est pas que pour le jeu, il permet de découvrir comment se repérer dans l’espace. Sur l’énervement, charge à nous de leur apprendre que oui, un jeu peut être énervant mais doit avant tout être amusant (du moins à ces âges). Cette étape est la dernière et prend du temps.

A partir de là, nos enfants qui approchent les 7 ans sont potentiellement capables de jouer à presque tout, vous pourrez donc commencer à réellement partager des jeux avec vos enfants : Mario Kart, Ratchet & Clank, etc. Seuls les Quake-Like (FPS) resteront à apprendre, mais pour le coup ils ont encore le temps…

Quelques restrictions et points de vigilance

Une question qui revient souvent, faut-il commencer par une console plutôt qu’une autre ? Pas nécessairement, le choix se fera plus sur les jeux ciblés, sachant que (rentabilité oblige) l’essentiel des titres ou leurs déclinaisons sont disponibles sur quasiment toutes les machines du marché. Bien sûr, les consoles Nintendo ont potentiellement plus de titres familiaux ou enfantins, mais attention au choix. En effet, précurseurs sur la dimension médicale, Nintendo ne recommande pas la 3DS aux enfants de moins de 7 ans puisque leurs muscles oculaires ne sont pas suffisamment développés pour supporter le mode d’affichage 3D. C’est entre autres pour cette raison que la firme de Mario avait sorti la 2DS. En dehors de cette exception, vous pouvez initier vos enfants sur toute console, y compris les plus anciennes (même les Pong-like). A noter également que VTech (gamme VSmile) propose également des consoles de salon ou portables spécifiquement pensées pour les petits.

Vérité de La Palice mais qu’il nous faut quand même citer, le jeu vidéo doit au même titre que la TV, dessins animés ou autres,  être limité et mesuré. D’abord les petits sont en souvent peu patients mais sont néanmoins capables de rester littéralement « scotchés » devant un écran, par conséquent la durée doit être limitée en fonction de leur âge : 15 minutes, 30 minutes à 1h00 par exemple. Aussi, chez Older Player nous avons fait le choix de faire jouer les enfants sur nos consoles, mais sans leur en acheter une « à eux ».

Dernier point trop souvent oublié, notamment par les parents qui ne sont pas vraiment joueurs (ou peu), il existe une classification nommé PEGI (Pan European Game Information – www.pegi.info). Celle-ci, contrairement à d’autres organismes (en Australie ou Royaume-Uni notamment) n’émet que des « recommandations » et non des « interdictions ». Par conséquent, charge aux parents de prendre connaissance du classement de tel ou tel jeu et de considérer au regard de leurs enfants si le titre peut convenir. En outre, ne comptez pas sur la majorité des vendeurs (en dehors de nous – lorsque la classification est connue elle figure sur nos fiches) pour vous alerter sur ce point, il nous est déjà arrivé dans un magasin de voir une grand-mère acheter GTA V à un enfant de 10 ans sans que personne ne l’informe. Enfin, si vous avez un doute, le site officiel propose un moteur de recherche assez complet vous permettant de consulter le classement des titres, sachant qu’il y a à la fois le classement « âge » (3, 7, 12, 16, 18 ans) mais aussi des « descripteurs » (violence, drogues, langage grossier, etc.).

En somme

Le jeu vidéo est aujourd’hui partie intégrante de la culture populaire et du monde contemporain. Nos enfants sont bercés dès le plus jeune âge dans les technologies, d’autant plus lorsque les parents sont joueurs. Aussi, partager la passion du jeu vidéo avec eux passe par toute une phase d’apprentissage à distiller savamment au fil des âges. En outre, nous avons la chance de pouvoir les guider dans ce vaste univers, alors que notre génération (époque oblige) a peu bénéficié de cet avantage.

(NB) nous avons volontairement fait abstraction du sexe des enfants pour parler de jeux adaptés pour filles comme pour garçons. Passé un certain âge, les différences seront plus marquées, que ce soit sur les titres et même les supports. Enfin, cet article n’a aucune vocation universelle et se veut un simple retour d’expérience. Si par bonheur, vous y trouvez quelques idées intéressantes à appliquer,  tant mieux 😉

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