[DELAY PLAY] ABZÛ

Voilà un titre qui dès sa sortie m’intriguait, je ne pense d’ailleurs pas être le seul. Paru en août 2016, ABZÛ fut dès le départ comparé à Journey (TheGameCompany / 2012) et se présentait comme une sorte de voyage initiatique mais sous-marin, au final c’est exactement cela. Le jeu vous fait contrôler une sorte de plongeur un peu particulier puisqu’il n’a pas de bouteilles d’oxygène, revêt des palmes plutôt étranges (rétractables) et dispose d’un masque/casque éclairant et envoyant des signaux sonores ou lumineux. Pour l’anecdote, Abzû (ou Apsû) est  le nom d’un océan souterrain dans la mythologie sumérienne et akkadienne (actuel proche-orient) qui serait à l’origine de tous les cours d’eau douce. Ainsi, vous évoluez dans un monde aquatique qui n’est ni vraiment la mer, ni vraiment un lac puisque tantôt vous pensez être en plein milieu de l’océan en sortant la tête de l’eau, puis quelques instants plus tard via la même manœuvre vous voilà entouré de nénuphars. Le/la plongeur va donc évoluer dans de grands espaces marins avec toutes sortes de faunes, flores et ruines antiques mystérieuses. Soit dit au passage, les créateurs du jeu, Giant Squid, doivent probablement être passionnés ou du moins bien renseignés puisqu’ils ont également pris soin de livrer au néophyte que je suis le nom exact de chaque type d’animaux marins (et il y en a beaucoup) que vous croiserez dans votre aventure.

En termes de réalisation, le moteur Unreal fait des merveilles, l’ambiance visuelle et sonore vous immerge totalement puis vous pousse à vous promener pour profiter des panoramas, regarder en détails la vie sous-marine ou vous lancer dans de grands courants marins. Idem, la qualité de l’animation du personnage est impressionnante, tant au niveau de sa maniabilité que de la fluidité avec laquelle il évolue dans l’eau (sur terre un peu moins, car oui parfois vous sortez). Sans être vraiment un jeu de puzzle, vous aurez néanmoins à interagir avec certains éléments pour ouvrir une porte, libérer des chaînes ou éviter des sortes de mines. L’histoire ? Le jeu en a bien une mais charge à vous de l’interpréter plus que vraiment la comprendre. En effet, empreint de surnaturel avec un hymne à la nature (un brin écolo sur les bords) renaissante face à la civilisation incarnée par de sortes de machines anxiogènes, ABZÛ même une fois terminé vous laisse seul face à la réflexion.

Voilà donc un titre franchement original, à jouer seul ou en compagnie de vos enfants par exemple, un des miens d’ailleurs est resté stupéfait et ponctuait son immobilité de « que c’est beau cette nature » … bon, virtuelle en l’occurrence mais peu importe (heureusement, il a déjà vu des algues et poissons en vrai). Le titre doit s’achever en 4/5 heures, voire moins sachant aussi que dans ABZÛ vous ne mourrez pas (en tout cas ça ne m’est pas arrivé). Toutefois une fois pris dans la féérie, très clairement le joueur ne compte pas son temps.

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