[DECRYPTAGE] Quand jouer devient un business …

Le site Forbes (EN) a publié il y a quelques jours un article intéressant avec pour thème « Est-il possible d’être payé pour jouer aux jeux vidéo ? ». Sans hésiter la réponse est bien entendu oui. Toutefois, les modalités diffèrent et ce mode de business n’est pas sans poser de questions.

Twitch, l'un des principaux canaux de stream de jeux.
Twitch, l’un des principaux canaux de stream de jeux.

Faisons d’abord abstraction de l’eSport où d’une certaine manière les joueurs sont payés pour jouer mais puisqu’il s’agit d’une compétition, nous parlons de prix plus que de « rémunération ». C’est aussi l’occasion de rappeler à quel point le jeu vidéo compétitif est en vogue, non réellement structuré (puisque tout le monde y va de sa compétition, y compris Amazon sur Kindle Fire) et scruté attentivement par les gouvernements qui cherchent un moyen d’en taxer les revenus.

Idem, oublions les « testeurs » dits « professionnels », puisqu’ils sont assimilés « employés » des studios ou éditeurs pour s’assurer qu’un jeu vidéo est jouable et répond bien au cahier des charges. A noter d’ailleurs, que sur le papier cet emploi peut paraître enviable, mais jouer par exemple à des pré-alpha buggées et pas forcément abouties n’est pas franchement l’expérience de jeu la plus agréable. Ceci sans compter, les rapports détaillés que doivent fournir lesdits testeurs. Ajoutons à cela, que les éditeurs bénéficient aussi gratuitement des communautés de joueurs et leurs retours en lançant régulièrement des (Open)Beta ou autres.

Pour revenir au cœur du sujet, oui jouer au jeu vidéo est devenu un vrai business. En premier lieu, il y a la pub classique via des bannières, vidéos, etc. mises sur un site Internet où un réseau social. Ceci se passe soit par l’intermédiaire de régies voire directement auprès de l’éditeur/studio. Autre aspect, les « dons » qui sont nativement intégrés aux plates-formes de stream, qui permettent aux spectateurs de donner quelques sous à une chaîne qu’ils apprécient. Dans les deux cas tout un chacun peut se lancer, sachant néanmoins que sans trafic/utilisateurs important les revenus seront soit nuls soit extrêmement faibles (CPC ou parfois CPA)

Youtube Gaming, version spéciale streamer(s)
Youtube Gaming, version spéciale streamer(s)

En réalité, la vraie tendance qui se développe sous l’impulsion des chaînes vidéo (souvent en direct) est le partenariat. En effet, il existe désormais de réels influenceurs qui agissent par le biais de Youtube ou Twitch par exemple, c’est vrai pour le jeu vidéo comme pour de nombreux autres domaines d’ailleurs (beauté, famille, etc.). Certains parmi eux fédèrent des communautés colossales à chaque stream ou épisode. Amazon l’a bien compris en rachetant Twitch et les éditeurs aussi puisqu’ils se sont assez rapidement rapprochés de ces utilisateurs. Après, il y a plusieurs approches : sponsoring, financement éventuel ou réelle rémunération. Le premier cas n’est pas éloigné de ce qui se fait dans l’eSport, soit la mise à disposition de matériel ou de jeux (parfois avec un peu d’avance) pour que le Streamer/Youtuber affiche ledit partenariat d’une manière ou d’une autre. Le financement fonctionne à peu près de la même manière, mais est numéraire. Rappelons au passage, qu’être Streamer en 2016 et espérer générer des revenus ne s’improvise pas, cela implique un investissement personnel (temps) et surtout matériel important (machine(s), micros, webcam HD, etc.).

Enfin, la rémunération fonctionne beaucoup sur un mode « campagne », du moins c’est ainsi que c’est comptabilisé par les équipes Marketing/Communication et CM (Community Management) des éditeurs. Selon l’audience des chaînes, la facture peut atteindre plusieurs milliers d’euros/dollars par campagne, mais devrait logiquement impliquer à minima une structuration de ladite chaîne pour que le business en question entre dans un cadre juridique à peu près clair.

Si nous nous plaçons côté utilisateur, le business du streaming, puisqu’au final cela se limite quasiment à cette activité tant elle est en vogue, nous pouvons légitimement nous interroger sur les motivations de la chaîne à tel ou tel moment. D’abord, rendons à César ce qui est César, il y a ceux qui affichent les choses et c’est tout à leur honneur, mais prennent un risque de se voir assimilé « business only » ou « avocat » de tel ou tel éditeur. Inversement, d’autres positionnés en mode « tests » de jeux, n’affichent pas vraiment un sponsoring. De fait, là où un journaliste « testeur » est censé être tenu par une déontologie (je dis bien censé, car nous nous souvenons tous de nombreux scandales), un Streamer qui se présente « testeur » fait ce qu’il veut sous couvert de faire rire ou divertir sa communauté.

Alors oui, le business des influenceurs est en plein boom et est devenu un important enjeu pour les éditeurs, d’autant plus que même si des campagnes de ce type coûtent chères, elles restent souvent plus efficaces que les grandes actions publicitaires hors de prix (display notamment). Côté joueurs, sans vouloir stopper net les velléités des passionnés qui veulent se lancer n’oublions pas qu’il y a énormément de candidats et … très, très peu d’élus qui gagnent réellement de l’argent par ce biais…

N.B. Pour rappel que nous sommes présents sur Youtube, Twitch et sommes partenaires de Master Kahyne 
que vous trouverez ici et . Mais attention, nous ne nous faisons pas de "tests", nous "essayons" les jeux 
sans les juger … ça, nous vous laissons maîtres.

1 thought on “[DECRYPTAGE] Quand jouer devient un business …

  1. Bonjour,
    je suis entièrement d’accord avec ce qui est écrit ci-dessus.Il est vrai que produire des streams de qualité n’est pas une chose aisé. Une fois bien équipé côté matériel, assurer une cadence quantitative autant que qualitative, vous demandera un investissement de temps considérable. Je fais évidement allusion à celles et ceux qui souhaitent réellement stream, et fais abstraction des bouillies qui pullulent sur la toile (stream depuis son téléphone portable, sa tablette, ou avec un connexion inadaptée etc (…) Dans les premiers temps, c’est avant tout la recherche d’informations et le calibrage de votre matériel qui occupera principalement votre activité. Et ce n’est qu’une fois tout cela assimilé que vous pourrez espérer obtenir un semblant de résultat. Le souci, c’est qu’une fois que vous aurez pris goût au stream, vous n’aurez de cesse de vouloir faire encore mieux 🙂
    Bon Stream à tou(te)s

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