[DECRYPTAGE] Petit manuel de la « news à clics » dans le jeu vidéo

Il n’échappe à personne que le trafic est le nerf de la guerre sur Internet, nous y sommes tous soumis (y compris votre humble serviteur). Aussi on ne compte plus le nombre de moyens Maketingo-communicants et communautaires internes/externes et payants (voire prohibitifs) ou non fleurir partout sur la toile. Le résultat c’est souvent la « news à clics », honnie par les internautes et adulée par les trafic manager. Le jeu vidéo ne fait bien sûr pas exception, que ce soit au sein des rédactions diverses et variées ou via des régies externes qui affichent tout et n’importe quoi sur un site dédié à un univers précis. Alors, prêtons-nous à l’exercice et listons les éléments nécessaires à la réalisation de ces fameuses news.

Un exemple d’information non vérifiée avec un titre en mode plutôt affirmatif (ça marche bien aussi)

Première étape, oublier si possible toute déontologie et faire du « qui tâche ». Pour cela prendre un nom attendu avec ferveur par les joueurs mais sur lequel nous ne savons rien de tangible à date : Red Dead Redemption 2, God of War, Destiny 2 ou carrément un inconnu probable comme The Division 2. Si possible, histoire de laisser penser que le job de recherche a été mené correctement, saupoudrer allègrement de rumeurs « visibles » (mais pas trop) ailleurs.  Ensuite ne surtout pas oublier de citer des sources à grand coup de « name dropping » crédible du type c’est le Creative Director de machin ou le développeur qui aurait lâché une information auprès de son petit cousin avec la mention classique « généralement bien informé » sur Reddit. Déjà avec ça, nous avons un contenu qui peut tenir la route. Parfois même, ne pas hésiter à aller chercher des sources chez ses concurrents pour enfoncer le clou via des « MAJ » précisant « nos confrères xxxx, confirment également qu’il s’agit bien de … » mais in fine rien n’est confirmé par l’éditeur ou studio qui restent les seuls qualifiés pour le faire. Attention aussi, le contenu de la news ne doit pas être trop long, car n’ayant de fait pas grand chose à dévoiler (à moins d’avoir un vrai talent d’auteur) le risque de se retrouver à court d’éléments est accru. Bien entendu, le concept de « news à clics » peut s’appliquer à des informations officiellement confirmées ou vérifiables, mais comme celles-ci sont plus rapidement publiées vous bénéficiez donc moins facilement de la primauté et des clics qui en découlent.

Maintenant, il faut prêter une attention toute particulière au titre. Il doit être bien racoleur, court, brutal et surtout factuellement invérifiable du type : « Le prochain The Division serait un RTS ! », « La map de GTA VI en fuite sur le Web ? » ou alors « La NX pourrait être visible au prochain E3 ! » (il sentent le vécu ceux-là non ?). Indispensable aussi, bien penser à laisser planer le doute dès les premières lignes de l’article (sinon tout à la fin) pour éviter de passer pour un incompétent si jamais « l’information » est démentie rapidement. Pour ce faire, tout un panel de temps et de termes s’y prêtent très bien : « selon », « possible que », « et si … », « éventuel » ou carrément « rumeur » sans oublier bien sûr le « ? » de dédouanement bien positionné. Le terme « rumeur » est de fait, le pire puisque il décrédibilise assez vite le contenu de la news, mais dans l’absolu c’est sans importance puisque le lecteur a déjà cliqué car il est sur la page … CQFD.

Les sites « people » maîtrisent bien le concept et diffusent souvent via des régies, celle-ci trouvée sur un site de jeu vidéo.

Dernier élément, le visuel d’accroche. Il doit forcément avoir un lien avec le titre au moins, pour le contenu de la news c’est moins grave. S’il y a un lien avec des filles ou le sexe, même infime … la babe légèrement vêtue (virtuelle si possible, du genre DoA) ou le sein partiellement découvert marche toujours très bien chez les hommes. Sinon, ce qui fonctionne aussi ce sont les artworks « hybrides » qui ressemblent peu ou prou à des captures d’écran afin de maintenir une certaine confusion pour le « cliqueur » (et non lecteur).

Avec tous ces ingrédients savamment distillés car c’est quand même un art, vous pouvez obtenir une vraie « news à clic » qui peut potentiellement marcher. Ceci sous réserve bien sûr d’avoir fait le nécessaire pour être correctement exposé sur Internet, mais nous vous ferons grâce de tout ce qui est SEO, SEM, etc. car ça, c’est un autre métier 😉

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